Les veillées du Trégor (“Beilhadegoù bro Dreger” en breton) sont des rassemblements qui ont lieu plusieurs fois par an dans le Trégor, un territoire des Côtes d’Armor qui s’étend sur 140 communes, en général sur la période d’octobre à mai.
Elles se déroulent entièrement en breton et rassemblent musiciens, chanteurs, conteurs et comédiens qui se succèdent sur une scène pour raconter des histoires ou interpréter des musiques ou des chants tirés du répertoire local.
Elles rassemblent un public essentiellement bretonnant et local et ont généralement lieu le vendredi soir à partir de 20h30 et jusqu’à minuit environ.
Déroulement :
On fait en général appel à des personnes connues et reconnues sur le territoire pour leurs talents de musiciens ou de conteurs mais on peut également monter sur scène si l’on débute. Les passages sur scène sont dans la plupart des cas improvisés, pour les plus âgés et les plus aguerris, ou bien peuvent être préparés à l’avance pour les débutants.
Ce sont les musiciens qui ouvrent la soirée et de préférence les sonneurs (joueurs de biniou-bombarde ou clarinette), dont la puissance des instruments est plus adaptée pour demander facilement l’attention du public.
Ils laissent ensuite la place au présentateur qui va introduire le spectacle, annoncer les intervenants et raconter quelques anecdotes, blagues ou histoires entre chaque passage.
Chanteurs, conteurs, musiciens et comédiens se succèdent sur scène pour des passages qui durent entre 5 et 15 minutes. Les conteurs privilégient les histoires drôles aux contes tandis que les chanteurs puisent leurs airs dans un répertoire ancien ou récent.
Un premier entracte est proposé vers 22h30, pour 30 minutes de restauration (boisson et nourriture), après un premier passage des conteurs et chanteurs. On reprend vers 23h pour un deuxième passage qui va durer jusqu’à la fin, vers minuit. Cette seconde partie est plus courte et se termine parfois, selon les endroits, par des chants et des danses qui invitent le public à se lever pour participer au bal qui se forme.
Historique :
Autrefois, dans les campagnes, on avait l’habitude de se rassembler en famille, entre amis ou entre voisins pour les soirées d’hiver. C’était l’occasion d’échanger, de parler de l’actualité, de se raconter des histoires de la région ou de chanter des chants locaux tout en réalisant des tâches d’intérieur comme de la couture, du filage, de la vannerie…
Puis avec l’apparition de la radio puis de la télé, on a observé un désintérêt progressif pour ces rassemblements et cette pratique.
La forme actuelle des veillées date plus de la fin des années 1950 grâce à l’impulsion de Roger Laouenan qui crée l'association “Groupe des Veillées du Trégor”. Il cherche à raviver l’intérêt des gens du pays pour ces rassemblements synonymes d’échange, pour leur propre patrimoine et leur propre langue par le biais des expressions théâtrales, des chants et des contes locaux. Il a alors l’idée d’une veillée bretonne dont le but est de recréer l’ambiance des soirées d’antan à la ferme.
L’objectif des veillées est résumé dans les statuts de l’association “Groupe des Veillées du Trégor”: il s’agit de “promouvoir le développement de la culture populaire en langue bretonne dans le Trégor, au moyen notamment de Veillées et de spectacles de variétés s'inspirant à la fois du génie de la Tradition Celtique et des formes modernes de l'expression artistique”.
Un nouvel élan est impulsé à partir du début des années 1990 grâce à l’association Dastum Bro Dreger. Il existe aujourd’hui une dizaine de veillées en langue bretonne organisées par un réseau de 12 associations locales ou organisateurs individuels.